21-05-2026 00:33 - Le président des boutiques mauritaniennes de Côte d'Ivoire répond au Collectif « 5 ans ou plus »

Le président des boutiques mauritaniennes de Côte d'Ivoire répond au Collectif « 5 ans ou plus »

Afrik Soir - La tension monte entre certains mouvements de la société civile malienne et la communauté mauritanienne, après la sortie controversée du Collectif « 5 ans ou plus », encore appelé « Le Mali avant tout ».

Ce mouvement, favorable à la prolongation de la transition dirigée par le Général Assimi Goïta et au renforcement de la souveraineté au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), a récemment tenu des propos particulièrement virulents à l’égard de la Mauritanie. Dans une déclaration vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, le collectif accuse la Mauritanie d’abriter des groupes terroristes responsables d’attaques contre des camions maliens. 

Les responsables du mouvement ont annoncé une manifestation prévue devant l’ambassade mauritanienne à Bamako afin de dénoncer ce qu’ils qualifient de « passivité » des autorités mauritaniennes face à l’insécurité.

Mais une phrase prononcée par le collectif a provoqué une vive indignation : « Un camion brûlé par les terroristes égale une boutique mauritanienne brûlée par les Maliens. » Des propos jugés menaçants par de nombreux observateurs et qui ont immédiatement suscité la réaction du président des boutiques mauritaniennes de Côte d’Ivoire, Mohamed Brahim Ould Laghdaf. Très remonté, ce dernier a dénoncé un discours « extrêmement violent » et dangereux pour la cohésion sociale.

« Je ne comprends pas comment des civils peuvent dire qu’ils veulent défendre leur pays en menaçant les biens des autres personnes », a-t-il déclaré. Pour Mohamed Brahim Ould Laghdaf, les auteurs de cette déclaration se trompent de combat. Il estime que la lutte contre le terrorisme ne peut en aucun cas justifier des appels à la haine ou des menaces contre des commerçants innocents. « Les boutiques mauritaniennes servent avant tout le peuple malien. Ce sont les Maliens eux-mêmes qui viennent acheter leurs produits de première nécessité dans ces commerces », a-t-il rappelé.

Le président des boutiques mauritaniennes s’est surtout montré très ferme sur le rôle que doivent jouer les civils dans un contexte de crise sécuritaire. « S’ils veulent défendre leur pays, qu’ils s’engagent dans l’armée. Un civil ne peut pas défendre sa nation en brûlant les biens d’innocents », a-t-il lancé au collectif.

Selon lui, ceux qui souhaitent réellement protéger leur nation devraient rejoindre les forces de défense plutôt que de s’en prendre aux populations civiles et à leurs activités économiques. « Un citoyen civilisé respecte les droits de l’homme et les biens d’autrui. Si vous choisissez de défendre votre pays par les armes, alors intégrez l’armée et assumez les missions qui vous seront confiées », a-t-il insisté.

Mohamed Brahim Ould Laghdaf a également dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de diversion politique. « Aujourd’hui, on constate que les autorités maliennes cherchent un problème avec un pays voisin parce qu’elles n’arrivent plus à maîtriser la situation interne », a-t-il affirmé. Dans son intervention, il soutient que la Mauritanie est injustement ciblée alors que le Mali partage plusieurs frontières confrontées aux mêmes défis sécuritaires.

« Pourquoi s’attaquer uniquement à la Mauritanie alors que les mêmes attaques se produisent aussi à d’autres frontières ? », s’est-il interrogé. Le responsable communautaire a par ailleurs rappelé un précédent incident survenu à Bamako, où des boutiques mauritaniennes avaient été fermées de force pendant plusieurs mois par des manifestants.

« Des commerçants ont tout perdu. Certains n’avaient même plus accès à leurs médicaments ou à leurs marchandises. Ce sont des familles entières qui souffrent à cause de ces tensions », a-t-il déploré.

Cette nouvelle polémique intervient dans un contexte régional marqué par une forte instabilité sécuritaire et des relations diplomatiques parfois tendues entre les pays du Sahel. Si aucune réaction officielle des autorités mauritaniennes n’a encore été enregistrée, les propos du Collectif « 5 ans ou plus » continuent de susciter inquiétudes et interrogations quant aux risques d’escalade entre communautés et États voisins.

Prince Beganssou





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