08-07-2026 19:53 - La Cour d’appel réduit la peine de deux députées d’IRA et les prive de leurs droits civiques pendant cinq ans

La Cour d’appel réduit la peine de deux députées d’IRA et les prive de leurs droits civiques pendant cinq ans

Shems Maarif -- La Cour d’appel de Nouakchott a rendu, ce mercredi, son verdict dans l’affaire des députées Mariem Mint Cheikh et Ghamou Achour, en réduisant leur peine de prison de quatre à deux ans fermes, tout en les condamnant à une privation de leurs droits civiques et politiques pour une durée de cinq ans.

L’équipe de défense des deux élues a indiqué ne pas avoir assisté à l’audience de prononcé du jugement, après avoir décidé de boycotter les audiences du procès.

En première instance, la chambre criminelle du tribunal de la wilaya de Nouakchott-Ouest avait, en mai dernier, condamné les deux parlementaires à quatre ans d’emprisonnement ferme.

La justice avait également ordonné la suppression de l’ensemble des publications diffusées sur leurs pages, la confiscation des téléphones utilisés dans les faits reprochés, ainsi que des comptes, pages et supports électroniques ayant servi à leur diffusion, avec les mesures légales nécessaires pour leur fermeture.

Le parquet avait poursuivi les deux députées selon la procédure de flagrant délit. Elles étaient notamment accusées d’« atteinte délibérée aux symboles nationaux par voie numérique » et de « diffusion de propos à caractère raciste portant atteinte à la paix civile et à la cohésion sociale via les réseaux sociaux ».

D’autres chefs d’accusation avaient été retenus contre elles, notamment les menaces, la diffamation, l’appel à des rassemblements susceptibles de troubler l’ordre public, les injures publiques ainsi que l’incitation à la violence.

Mariem Mint Cheikh et Ghamou Achour sont membres du mouvement IRA, dirigé par Biram Dah Abeid. Elles ont été élues députées sous les couleurs du parti Sawab.



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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 09/07/2026 05:53 X

    C'est un jugement dur pour des propos insultants. Il se comprendrait comme marque d'autorité dans un pays qui en a besoin, s'il n'était accompagné d'une remise en cause du statut personnel citoyen. Dans une république, la plupart des prisonniers continuent à pouvoir voter! La république se confond avec les facultés statutaires de ses citoyens. C'est pour cette raison que les républiques font attention avant de neutraliser les droits civiques.La question est plus profonde que les considérations en lien avec la démocratie. Les républiques restent des républiques, qu'elles soient démocratiques ou autoritaires. La facilité à déchoir les personnes de facultés liées à leur statut personnel citoyen renvoie aux régimes royaux. Faire du chef de l'État un symbole national est une approximation qui passe encore. Mais faire des conséquences de l'outrage au président la même chose que l'outrage à un monarque en est une autre. La Mauritanie est tout juste sortie de la féodalité. La perte des droits civiques a un signifiant qui devrait davantage faire réfléchir qu'ailleurs ! La personne du président d'une république n'est pas celle d'un roi ni même celle d'un émir régional. La vérité est qu'il n'est pas un symbole national. Il est figure symbolique d'une République. Les droits civiques sont la figure concrète des droits de la personne, dans une république. Les juges devraient faire attention !!!